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Le mouvement associatif au Cameroun: Des indépendances jusqu'à nos jours

Le mouvement associatif au Cameroun : Des indépendances jusqu'à nos jours
Cela va faire cinquante ans aujourd'hui, que les universités d'Etat du Cameroun riment avec des mutations, sociologiques et politiques très importantes. Ce genre d'évolution rapide et profonde ne peut se faire idéalement sans une implication totale de la société estudiantine.
Les associations d'étudiants sont «un ensemble d'organisations ou de groupes constitués de façon plus ou moins formelle et qui n'appartiennent ni à la sphère gouvernementale ni à la sphère commerciale». En clair, il s'agit là, d'une entité, plus libéralisée grâce à la reforme des universités d'Etat du Cameroun depuis le décret n° 93/026 du 19 Janvier 1993, et des propres intérêts des étudiants. De cette reforme, 6 Universités d'Etat ont été créées.
C'est une convention dans laquelle des personnes physiques ou morales se regroupent sur une base conjoncturelle et dans un but non lucratif. Quant aux domaines d'activité de ces associations, ils sont divers et variés (professionnel, social, scientifique, éducatif, culturel ou sportif).
En effet, la structuration d'une société universitaire se jauge non seulement par le nombre d'associations actives mais surtout par sa présence et sa représentativité dans la sphère scientifique nationale et internationale.
Au Cameroun par exemple, une augmentation «sensible» du nombre d'associations a été enregistrée de 1961, (date de création de l'Institut National de Recherche qui se transforme en 1962 en Université fédérale du Cameroun) à 2010, passant de 3000 à près de 180.000 étudiants. Ce boom associatif nait de la quête, et de l'émulation des étudiants à se prendre en charge, à rompre avec l'éternelle assistance et à construire par ailleurs une plate forme de réflexion sur leur quotidien. Il s'agit là, de la représentativité des acteurs qui font l'université. Ne le perdons pas de vu, l'université est composée de l'administrative universitaire, des enseignants et des étudiants.
Une association d'étudiants ne vaut la peine d'être créée, que si elle apporte un plus aux étudiants et à l'organisation universitaire. Elle doit être un pôle de réflexion et une force de proposition à même de faire évoluer les mentalités. Elle est censée être active à l'intérieur tout comme à l'extérieur du campus, donc, proche de la population estudiantine. Elle est le porte-voix de l'étudiant, son cahier de doléances.
Dans les universités camerounaises, les associations d'étudiants naissent en fonction du nombre d'établissements, donc une par institution. Les clubs scientifiques quant à eux, relèvent des filières ou matières de spécialisation. Les clubs culturels, sont fondés sur des domaines de prédilection (théâtre, communication, olympique, francophonie, danse, chorale tourisme, santé, scout, etc.)
Les associations d'étudiants sont distinctes, par leur objet, leur dénomination et leur fonctionnement, de toute association à caractère politique et ne peuvent entretenir avec elle aucune relation, qu'elle soit organique ou structurelle, ni recevoir des subventions, dons ou legs sous quelque forme que ce soit de leur part, ni participer à leur financement.
Cette allégation n'est valable que pour les associations d'étudiants non civiles. C'est le cas de l'Association des étudiants de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l'université de yaoundé1 ou de l'Association des étudiants des Sciences juridiques et politiques de Tchang.
Il est vrai qu'adhérer à un mouvement associatif constitue une très bonne base pour apprendre le « b.a.-ba » de la politique, mais cela doit rester une simple étape à ne pas confondre entre ambitions personnelles et objectifs sociaux de l'association.
Les associations d'étudiants sont tenues de fournir, régulièrement, à l'autorité publique concernée, les renseignements relatifs à leur effectif, à l'origine de leurs fonds et à leur situation financière suivant des modalités fixées par voie réglementaire.
A toutes fins utiles, rappelons que, dans les pays dits développés, le mouvement associatif se fait un point d'honneur de gagner son indépendance vis-à-vis du gouvernement.
Le mouvement associatif estudiantin camerounais, connaît ainsi une véritable gageure durant les années 2004-2005. Un mémorandum de revendications socio-académiques y voit d'ailleurs le jour. Les leaders d'étudiants se plaignent des manquements de la part du gouvernement via l'administration universitaire : construction des toilettes, équipement des laboratoires et des bibliothèques, paiement des droits universitaires en deux tranches, réfection des restaurants universitaires, etc. une association estudiantine civile et autonome vis-à-vis de toute force autre que celle estudiantine est crée. Il s'agit de l'Association pour la Défense des Droits des Etudiants du Cameroun en abrégé ADDEC, crée conformément à la loi n°90/053 du 19 décembre 1990 régissant les libertés associatives au Cameroun.
Plus que par le passé le mouvement associatif camerounais, va se meubler de plus de pouvoir, d'autorité et même de liberté à la revendication, à faire la grève, mieux à manifester le « râle au bol » des étudiants. Les associations porteront à l'attention des autorités universitaires et gouvernementales, les problèmes des universités du Cameroun en général et ceux des étudiants en particulier. De ces revendications, des solutions seront trouvées :
Le déboursement par le Chef de l'Etat d'un montant de près de 5 milliards de francs CFA pour la résolution des problèmes d'urgence en 2005 ;
Construction de trois amphithéâtres d'une capacité de 3500 places à l'Université de Yaoundé II et de la réfection de plusieurs salles de cours à l'Université de Yaoundé I grâce au fonds d'investissement d'urgence dont l'effectivité et la régularité de l'allocation ont été obtenues à la suite de la grève d'avril-mai 2005 ;
Signature d'un décret du chef de l'Etat créant les postes de Président de Conseil d'administration en 2005 pour améliorer la gouvernance dans les universités tant décriée par la communauté universitaire en général et les étudiants en particulier ;
Signature d'un décret présidentiel créant le statut d'ATER (Attaché d'enseignement et de recherche doublé du paiement de leurs arriérés ;
Signature d'un arrêté interministériel le 30 juin 2005 réglementant les loyers des logements des étudiants en location privée par le ministre de l'Enseignement supérieur, le ministre des Domaines et des Affaires foncières, le ministre du Commerce et le ministre du Développement urbain à la suite des meetings ponctués d'enquêtes dans les zones de résidence de Bonamoussadi et à Soa ;
Signature d'un arrêté du ministre du Développement urbain réactivant et constituant la Brigade spéciale de logements en juillet 2005 ;
Signature d'un arrêté par le ministre du Commerce le 12 décembre 2006, portant homologation des prix maxima par catégorie des loyers mensuels des logements d'étudiants des Universités d'Etat du Cameroun, dans les zones de résidence universitaires ;
Depuis 2007, un calme peut-être latent tant à revenir, les pouvoir publics essayent de remédier à la situation, les leaders d'associations d'étudiants, en dépit de quelques manquements peuvent monter au chréno pour enfin saluer les efforts du chef de l'Etat, à travers une marche de soutien qui mobilisa près de 1000 étudiants des universités du Cameroun, du boulevard du 20 mai jusqu'au MINESUP. Nous sommes le 12 janvier 2010.
Ce serait manquer d'intelligence que de ne pas reconnaître des avancés significatives dans le mouvement associative ainsi que dans nos universités, en terme d'infrastructure matérielle et immatérielle. Malheureusement, tous ces efforts semblent être à la traine, face aux envolées mondialistes, à la modernité, et beaucoup plus à la pression d'une société plus que par le passé exigeante.


ZANGA Antoine-Beauvard

 

 

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Commentaires (3)

1. Ange NGAMO 09/06/2010

Salut,
Monsieur,
je ne sais pas si vous êtes de LMF , mais il aurait été bon que vous ne vous cachiez pas derrière l'anonymat de votre ordinateur....
Nous, on est pas aux commandes de ce pays , de ce fait on est pas responsables de la crise actuelle...Nos grandes ambitions, on les réalisera...Quant aux autres , nous n'en savons rien.
Cordialement,
Ange NGAMO

2. pas nécessaire 09/06/2010

en quoi cela nous sert t il? les jeunes sont au chômage faites quelque chose pour eux réalisez vos grandes ambitions

3. Ange NGAMO 29/04/2010

Merci Antoine,
comme tu le sais condisciple, ceci pour moi est un flash back important maintenant que nous fêtons le cinquantenaire de notre indépendance...toutefois, on se demande encore quelles solutions peut on proposer aux générations montantes aujourd'hui? Comment contribuer au développement de notre pays?
Cordialement,
Ange

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